DISPARITION du chorégraphe Bertrand d'At
DISPARITION - Le chorégraphe, dont on a encore admiré A Sign of Love au printemps avec le Ballet de Shanghaï, a été retrouvé mort hier à son domicile. Il avait 57 ans.
La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. Bertrand d'At
devait se marier samedi ; on l'a retrouvé mort chez lui hier. Le
chorégraphe était pourtant d'une exemplaire solidité. Dans ses amitiés,
dans son dévouement à son métier, dans sa manière de se mettre à portée
des danseurs ou des amoureux de la danse pour leur fournir, avec humour
et précision, des explications détaillées. Car cet artiste sensible
était aussi un érudit.
Né en 1957, Bertrand d'At a appris la danse au Conservatoire de Dijon avant de rentrer chez Maurice Béjart,
à l'école Mudra. Il restera chez Béjart jusqu'en 1993, gravissant les
échelons, de l'école au ballet puis au poste de maître de ballet et même
de chorégraphe. Il part ensuite en Suède codiriger le Ballet Cullberg
aux côtés de Carolyn Carlson, puis prend la direction du Ballet du Rhin en 1997.
À
ce poste, où il restera quinze ans, il donne son élan à la compagnie,
exigeant des danseurs classiques qu'il pousse au plus haut niveau en les
faisant travailler lui-même. Misant sur l'excellence, il convie de
manière suivie Maurice Béjart puis Lucinda Childs
avec laquelle il crée un vrai compagnonnage. Elle signera les dernières
de ses plus belles pièces pour le Ballet du Rhin. Mais d'At table aussi
sur l'originalité. Ceux qui les ont vues n'oublieront pas de sitôt les
relectures de grands ballets commandées au fantasque Jo Stromgren par
exemple. Bertrand d'At poursuit aussi la chorégraphie.
Il excelle à
raconter des histoires et compte parmi les rares chorégraphes qui
savent déchiffrer une partition. La musique le passionne et là encore,
comme pour la danse, il l'approche de manière sensible et érudite. Il
met en chorégraphie Le Prince des Pagodes de Benjamin Britten, ou encore Le Chant de la Terre dans lequel il associe danseurs et chanteurs.
La
belle facture de ses ballets lui permettra de faire une carrière en
Asie. Les compagnies de Chine ou du Vietnam lui passent commande. Elles
sont extrêmement demandeuses: «Le ballet occidental, en Asie ca fait
chic!», expliquait-il. D'At n'a pas son pareil pour transposer les
contes et légendes locales en ballets classiques. Une fois encore, il
écoute les danseurs, ne plaque rien et les guide pour leur donner un
répertoire à leur mesure. A Sign of Love, inspiré d'In the Mood for Love
et créé avec la complicité du scénographe Jerome Kaplan, qu'on a pu
voir avec le Ballet de Shanghaï au printemps, en reste sans doute le
meilleur exemple.
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